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Je n’ai jamais pensé vivre en région

Et pourtant!

Depuis 4 ans, je vis dans une communauté de 1100 habitants, lovée dans le haut pays d’un Kamouraska enchanteur. À chaque été, un nouvel arrivage de jeunes fraîchement débarqués de la ville vient remplir les maisons à louer le long de la 132. L’automne venu, plusieurs restent pris dans nos filets et ne retournent plus d’où ils sont venus.

Ce phénomène n’est pas exclusif au Kamouraska. Il existe dans plusieurs villages au Québec.

Qu’est-ce qui fait que des jeunes s’accrochent les pieds dans un village? Comment choisissent-ils leur nouvelle terre d’accueil? Pourquoi ce village plutôt qu’un autre? Comment se passe leur intégration? Leur engagement dans la communauté?

Autant de questions auxquelles je ne pourrai pas répondre en quelques paragraphes. Ce serait dommage d’accorder si peu d’importance à un phénomène qui change le visage de nos campagnes. Ces questions, je m’engage à les aborder avec vous, au fil de mes publications sur ce blogue.

Donc.

Pourquoi des milliers de jeunes urbains qui comme moi, n’avaient jusque-là jamais vraiment pensé vivre en région font le saut? Choisissent délibérément de quitter l’effervescence de la ville, des cafés, des restos, des événements culturels tous les coins de rue. Les Bixis, leurs amis, leur famille, les boutiques, le transport en commun? Tout ça pour devenir un néorural.

Mais justement, qui sont ces néoruraux? Le Groupe de recherche sur la migration ville/campagne et les néoruraux amène un éclairage intéressant sur cette question. Leurs travaux confirment que quitter la ville pour s’établir en campagne est un projet souvent concrétisé par des jeunes adultes – en majorité les 25-39 ans. Plusieurs d’entre eux sont très scolarisés et détiennent un diplôme universitaire. Ils arrivent généralement avec un conjoint et parfois un enfant en bas âge.

Ces jeunes, ils sont en quête de deux choses : de nouveaux défis et une meilleure qualité de vie. Ils choisissent la campagne davantage à cause de ses attraits, que par une répulsion de la ville. En fait, la campagne représente pour eux un cadre idéal dans lequel concrétiser un projet. Que ce soit celui d’acheter une maison, d’avoir des enfants, de démarrer une entreprise, la migration vient répondre au besoin d’enrichir son expérience globale.

Ce cadre, ils le considèrent plus calme, plus tranquille, limite bucolique. Ils le choisissent pour ses qualités physiques : la nature, le grand air. Et pour ses qualités sociales : l’entraide, la convivialité.

Par contre, tout comme moi, la plupart ont des attentes élevées envers cette campagne! Elle doit être proche d’une grande ville, mais pas trop. Habiter dans le village? Hum, pas tellement. À moins d’une offre incroyable, on recherche plutôt de grands espaces à l’abri des voisins. Mais il doit y avoir des services disponibles, et surtout : Internet haute vitesse!

Évidemment, ce portrait est grossier et incomplet. Malgré tout, il me correspond tout à fait. Tout comme il correspond à 100% des personnes ayant migré dans le Kamouraska que je côtoie.

Ce portrait, il soulève aussi des questions importantes que j’aborderai dans de prochains articles.

Premièrement, s’ils ont migré pour relever un défi, qu’arrivera-t-il une fois leur projet réalisé? Vont-ils repartir vers de nouveaux défis? Est-ce que le fait d’être impliqué socialement ou politiquement est suffisant pour les retenir? Et si oui, comment stimuler cette implication?

Autre question cruciale : comment les ruraux de longue date perçoivent-ils les néoruraux et quels sont les liens qui unissent les deux populations qui cohabitent?

Car si c’est bien d’y arriver, c’est encore mieux d’y rester!

Cet article a d'abord été publié sur le site Nous.blogue.

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